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Elle c'est Mélanie. Elle vient de découvrir qu'elle aimait parler à la troisième personne. Elle n'a pas besoin de psy car elle à la prétention de pouvoir s'auto-analyser, elle à même le culot de le faire ici, sans aucune pudeur, parce que de toute évidence ça n'a que peu d'importance pour elle. Mélanie assume ce qu'elle est. Enfin ça, c'est ce qu'elle voudrait.
Mélanie est une fille réaliste, beaucoup trop terre-à-terre. Elle repousse toutes les utopies et refuse toute forme de rêverie. Elle sait ce qu'elle vaut et estime connaître ses limites, elle est rationnelle à l'excès et ce n'est pas là son seul défaut.
Mélanie est fan. Elle se dévoue, se gave puis se lasse. Mélanie est fan dans toutes ses relations, elle consomme jusqu'à l'écoeurement.
Mélanie ne supporte pas que l'on se complaise dans la stagnation, car elle a appris à ses dépends que l'on pouvait végéter, et voir sa vie défiler devant ses yeux en ayant des regrets de ne pas la faire changer. Mélanie provoque et n'attends plus, elle est jeune et regrette déjà beaucoup de chose. Mélanie n'est pas névrosée. Enfin ça, c'est ce qu'elle voudrait.
Mélanie a souvent l'impression que sa vie est une série télé, avec des épisodes plus ou moins passionnants, ayant leur lot de bonheur et de drame. Elle aime les drames. Quand ce n'est pas elle qui les vit. Mélanie a souffert, mais elle n'en parle pas. Elle n'en a jamais parlé et elle n'a pas envie d'être entendue.
Mélanie est célibataire depuis vendredi, 13h10. A défaut d'avoir été un épisode captivant digne d'un sitcom à l'eau de rose, cette relation lui aura permis de se rapprocher microscopiquement de sa mère, si rapprochement il peut y avoir. Mélanie sait qu'en parler n'est pas une bonne idée. Mais elle le fait.
Mélanie, bizarrement, aime pleurer, de douleur ou de joie, devant un film ou sous sa douche, jamais dans les bras de quelqu'un. Elle extériorise en solitaire. Si elle ne pleure pas, c'est inquiétant finalement.
Mélanie vient d'utiliser son prénom 14 fois jusqu'ici. Maintenant elle a l'impression que cette suite de syllabe ne lui appartient pas.
La counasse, c'est le Mr Hyde du docteur Jekyll, l'envers du décor, la mauvaise face [plus ou moins] cachée en somme. La counasse c'est un surnom, mais une fonction aussi.
La counasse se moque, ironise, critique comme tout le monde. Parfois lâchement, mais souvent elle ne s'en cache pas. Elle sait aussi que son meilleur souffre douleur n'est autre qu'elle-même, mais elle préfère le garder pour elle.
La counasse peut détruire quelqu'un par la force des mots. Elle sait s'en servir et argumenter, et la faiblesse lexicale de l'autre peut alors la faire jubiler. Elle sait toucher le point sensible et appuyer dessus cruellement, sans rien avoir à se reprocher. Elle sait qu'il ne faut pas l'avoir comme ennemie.
La counasse manque de confiance en elle, elle ment, se replie et s'enfuit quand ça l'arrange, car des spasmes de timidité la transpercent encore. Mais évidemment, elle fait comme si de rien n'était. Ce n'est pas un défaut, c'est une faiblesse qu'elle tente d'assumer comme elle le peut.
La counasse, c'est celle qui est au dessus, résolument marginale et qui s'en fiche d'être comprise, qui ne veux pas être comprise, mais qui parle pour qu'on la voit. La counasse sait qu'elle est différente, avec prétention sûrement. Elle sait que ce qu'elle écrit à cet instant précis ne représente rien pour elle, même si ces mots vont être lus et commentés. Critiqués ou méprisés avec dédain. Puis oubliés.
La counasse sait que tout cela, sur son blog, ne signifie rien Elle à écrit ça d'une traite et ça lui à pris comme une envie de pisser. Elle est comme ça et autrement, elle n'a plus rien à prouver ici, du haut de ces 18 ans et demi. Balivernes. On ne la connaît pas. Enfin ça, c'est ce qu'elle voudrait.
Mélanie n'est pas à toi. Mélanie ne te connaît pas. Mélanie ne t'aime pas. Mélanie n'est pas ton amie.
Et elle s'en va.>>
C'est devant la caméra de monsieur Cocco qu'elle aurait du raconter tout ça.
Il y a 9 mois. Signe ou pas, il faut ce temps pour créer...